______________Forget me________Chapitre 1.
Première partie.
__Il acquiesça, n'usant plus de sa voix qu'en urgente nécessité. Et ce n'en était pas une. Le chauffeur fredonnait cet air, et son timbre de baryton masquait l'aigu de la mélodie. Il respira, calmement et attendit que la chanson se finisse. La radio fut clémente, et elle coupa avant la fin pour passer un titre des Beatles. Il sourit lorsque son compagnon se mit à chanter
'I am the walrus'. Il chantait faux, bousillant à voix douce le chef-d'½uvre des Beatles.
Brusquement, il se tut, imitant l'exemple silencieux de son client. Qui sortit brusquement du véhicule pour s'allumer une clope. Drogué. Il était drogué. Il bousillait ses cordes vocales et ses poumons à trop fumer. Il n'aurait jamais pensé à ça si il ne lui avait pas fallu se jamais se faire reconnaître. Si il ne s'était pas énervé, ce soir-là...Il finit sa cigarette, tranquillement, et rentra dans le véhicule. Un long frisson lui parcourut le corps, mais il parvint à se contrôler, et fit signe au chauffeur de continuer sa route. Il avait froid. Il pensa un bref instant à Rachel, à Noah, à...Non. Il ne fallait surtout pas qu'il pense à elle, surtout pas, jamais. Il ne put s'en empêcher.
__Il se réveilla au son des Pixies. Un mal de crâne terrible, des yeux pleins de larmes et un torticolis assez ardu. Ils avaient quitté la grande route, pour s'engager dans la campagne du Pays de Galles. Son hôtel – grand mot pour petit endroit – se trouvait à proximité d'un village tranquille, l'endroit parfait pour se terrer quelques années, en attendant...Attendre. Ce mot résumait sa nouvelle vie. Attendre, patienter, se cacher, partir, s'enfuir, attendre encore. Un cercle vicieux qui emportait tout ce qu'il avait pu vivre de beau. Tirant de son porte-feuille une photo, il la contempla rapidement, avant de sortir du taxi, de payer son conducteur et de prendre ses menus bagages.
__Sa chambre était confortable. Ni trop grande, ni trop petite. Il lui fallait maintenant trouver un travail, l'argent qu'il avait amassé lors de sa première vie commençait à s'amenuiser. Ses économies lui permettaient de vivre confortablement, mais du jour au lendemain, il pourrait se trouver démuni. Malgré ses promesses de sortir un peu dehors, sa mauvaise habitude lui fit passer le reste de la matinée à l'intérieur, à fumer et à pleurer. À force de vivre cacher, l'air lui semblait étranger, presque agressif. Il devenait parano. Un paranoïaque drogué et lâche...Ironie du sort.
Please could you stop the noise, I'm trying to get some rest...From all the unborn chicken voices in my head. What's that...? I may be paranoid, but not an android.
'Stop. Arrête ça tout de suite, Ed. Tu deviens fou.'Il parlait tout seul. Il avait besoin de cette présence de la voix, même si c'était sa voix, celle qu'il s'efforçait de masquer. Si reconnaissable...Il s'allongea sur son lit, et finit par s'endormir.